LE PROMOTEUR DE SARCO AVAIT éCRIT LES RAISONS DE SON SUICIDE

En mai, Florian Willet, promoteur de la capsule de suicide Sarco, s’est donné la mort. Alors que certains accusent sa détention, une lettre évoque d'autres raisons.

«Un martyr est mort», avait déclaré Philip Nitschke, l’inventeur de la capsule de suicide Sarco, après le suicide de Florian Willet, en mai dernier. L'Allemand de 47 ans était le directeur de The Last Resort, l’organisation ayant introduit la capsule Sarco en Suisse. En septembre de l'année passée, lors de la toute première utilisation de la capsule alors illégale, il était le seul représentant de l’organisation sur place. La police l'avait arrêté et il avait passé dix semaines en détention provisoire. Un rapport, dont la «NZZ» a eu connaissance, évoquait de graves troubles psychiques liés à cette incarcération. Pour Philip Nitschke, cette dernière a une grande part de responsabilité dans le suicide de Florian Willet.

Une demande de suicide assistée

Cela dit, en avril dernier, Florian Willet a envoyé une lettre pour une demande de suicide assisté. Dans celle-ci, il avançait une autre raison: la «satiété de vivre», selon la «NZZ». Il y expliquait: «J’ai appris la plupart des secrets de l’humanité. Que pourrait-il encore m’arriver ?» écrivait-il. Il disait avoir vécu à toute allure, lu mille livres, visité cent pays, et réfléchi à presque toutes les questions philosophiques: «Pour moi, il est temps de partir». Dans cette lettre de huit pages, il n'a jamais mentionné sa détention, même lorsqu’il évoquait ses échecs personnels ou ses relations compliquées. Il a aussi insisté sur le fait qu’il n’était pas dépressif, malgré des rapports médicaux indiquant le contraire.

Un endettement conséquent

Dans sa lettre, Florian Willet a également évoqué des douleurs physiques après une chute ayant causé plusieurs fractures. Mais, il y parlait aussi d'une situation financière compliquée: l'Allemand comptait plus de 100'000 francs de dettes. Il écrivait pouvoir tout juste payer les 4000 euros nécessaires à son accompagnement au suicide.

Les funérailles de Florian Willet auront lieu à Cologne, vendredi 1er août, selon la «NZZ». Philip Nitschke, quant à lui, continue de défendre le suicide assisté. Il travaille sur une nouvelle capsule: un modèle «double», destiné aux couples âgés, qui devrait bientôt voir le jour aux Pays-Bas.

2025-07-31T09:53:32Z